Jean-Claude REUSSNER
du 19 janvier au 19 février 2012
L’œuvre de Reussner est l’histoire d’une synthèse entre les deux facettes d’un même artiste : le peintre, qui se forme à l’age de vingt ans dans les ateliers d’André Lhote et de Fernand Léger et fait ses premières expositions personnelles à Genève et à Lausanne dans les années soixante ; et le sculpteur qui reprend en 1961 la fonderie de son père et travaille pendant vingt ans pour de nombreux artistes à travers le monde.
C’est au début des années 1980 que Reussner va décider de s’adonner à la sculpture. Dans un premier temps, et tout naturellement, il travaille le bronze, mais son exigence de plasticien l’incite à rechercher une matière mieux à même d’exprimer non seulement son goût pour une structuration géométrique de l’espace, déjà très présente dans ses peintures, mais aussi sa recherche d’une sensualité tactile et visuelle immédiatement perceptible.
(copyright Jean-Philippe Humbert)
Ce sera la pierre, et plus spécifiquement deux pierres, le marbre blanc de l’île grecque de Thasos, et le gabbro, cette roche noire plutonique issue de lentes cristallisations des terres sud-africaines. Là encore, deux facettes d’une même démarche : il choisit le marbre blanc le plus irradiant, cette pierre cristalline presque diaphane et translucide aux bords, mais aussi la mieux à même de piéger les ombres, et le basalte noir le plus profond, mais aussi le plus apte à capter et réverbérer la lumière… ainsi il mène cette recherche continue de la lumière blanche à la lumière noire.
Cette œuvre sculptée en noir et blanc repose sur une forme fondamentale, fondatrice, le cube. C’est à partir de cette géométrie qu’il considère comme parfaite, que Reussner invente des jaillissements, des empilements obliques, des pénétrations, travaillés avec une science aiguë du vide. Le même défi, consistant à bannir toute idée de couleur, à privilégier une recherche constante de la lumière et une organisation rigoureuse de l’espace, préside à sa démarche picturale. Les carrés noirs et blancs de Reussner s’ordonnent selon une géométrique pure, cosmique et l’harmonie du nombre d’or.