Qui sommes-nous ?
A propos de l'art cinétique
Who are we ?

Salon de l'Elysée par Yaacov Agam, Paris, 1972.
Extraits du dossier pédagogique du Centre Pompidou
http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-cinetique/ENS-cinetique.html
A PROPOS DE L'ART CINÉTIQUE
LES PRÉCURSEURS
Dans un texte que Pontus Hulten consacré en 1955 à l’œuvre du jeune Jean Tinguely, le futur directeur du Musée National d‘Art Moderne dresse un bref historique des pratiques artistiques liées au mouvement dans l’art du XXe siècle. Il met en avant l’importance pour le cinétisme des recherches artistiques révolutionnaires du Futurisme italien (1909), du Suprématisme de Kasimir Malévitch (1915), du Constructivisme (1920), des travaux de Moholy-Nagy, Marcel Duchamp ou Alexandre Calder.
LES CARACTÉRISTIQUES
Les artistes cinétiques emploient tantôt des moteurs, tantôt des éléments naturels qui provoquent le mouvement. Alors que certains travaillent sur l’espace et la lumière, d’autres axent leurs recherches sur le mouvement pour libérer l’œuvre, tant physiquement que symboliquement. D’autres encore cherchent, au moyen de phénomènes optiques et lumineux, à restituer le caractère instable, changeant d’un monde que l’on donnait autrefois pour fixe et immuable.
L’appellation d’art cinétique regroupe des réalisations présentant des caractéristiques communes : mettre en avant une démarche expérimentale, parfois même en rapport avec les découvertes techniques et industrielles, placer la perception du spectateur au centre de l’œuvre, présenter un aspect ludique et spectaculaire qui permet de toucher un large public et, éventuellement, remettre en question la fonction et le statut d’une œuvre d’art.
L’EXPOSITION LE MOUVEMENT
L’épopée de l’Art cinétique débute en 1955, date à laquelle la galerie Denise René organise l’exposition Le Mouvement, sur une proposition de Victor Vasarely. Considéré comme l’un des précurseurs les plus influents de la mouvance cinétique, Vasarely y présente ses premières pièces abstraites en noir et blanc, aux côtés de figures tutélaires telles que Marcel Duchamp et Alexander Calder et de réalisations de jeunes artistes étrangers installés à Paris : Agam, Bury, Jacobsen, Soto et Tinguely.
L’OP’ ART VS L’ART CINÉTIQUE
L’expression « art cinétique » est employée pour la première fois lors de la première expositions muséale consacrée à ce courant au Museum für Gestaltung de Zürich en 1960. L’exposition « Multiple Art Transformable - Art cinétique », que l’artiste Daniel Spoerri y organise, présente « des œuvres d’art de Paris qui se meuvent ou sont mues », où se côtoient les réalisations de Jacoov Agam, Josef Albers, Pol Bury, Marcel Duchamp, Bo Ek, Karl Gerstner, Heinz Mack, Frank Malina, Enzo Mari, Bruno Munari, Man Ray, Dieter Roth, Jésus Rafael Soto, Jean Tinguely et Victor Vasarely.
Le terme « Op’art » apparaît pour la première fois dans le Time’s Magazine en 1964 et se généralise aux États-Unis l’année suivante, suite à l’ouverture au MoMA de New York de l’exposition considérée comme fondatrice de l’Op’art : « The Responsive Eye ». Organisée par son directeur, William C. Seitz, et mêlant productions parisiennes et américaines, cette exposition tend à légitimer une nouvelle forme d’art qui renouerait avec l’abstraction tout en offrant une alternative au Pop’art, récemment promulgué dans le pays.
L'appellation « Op’art » s’impose en Europe à partir de 1965 et concurrence celle de l’art cinétique. L’appellation trouve son origine dans l’abréviation de l’expression « Optical art » qui a cours en Angleterre pour désigner des travaux axés sur des jeux d’optiques, comme ceux que présente la galerie One à Londres. En 1962, celle-ci programme la première exposition personnelle de Bridget Riley, jeune graphiste marquée par les travaux de Vasarely. L’artiste remporte un rapide succès.
A la différence du cinétisme les effets d'illusion que produisent les œuvres Op Art restent strictement virtuels, seulement inscrits sur la surface de la rétine, l'œil est le moteur de l'œuvre, il n'y a pas de moteur dans l'œuvre. Ces sollicitations visuelles placent le corps du spectateur en situation instable, entre plaisir et déplaisir, plongé dans une sensation de vertige proche de certains états d’ivresse légère. De nombreux artistes ont pratiqué ce type d'art, momentanément ou de manière permanente. Citons parmi les plus célèbres : Victor Vasarely, Patrice Allart, Richard Anuszkiewicz, Daniel Buren, Alexander Calder, Miodrag, François Morellet, Youri Messen-Jaschin, Bridget Riley, Zanis Waldheims.
LES GROUPES CINÉTIQUES
Au début des années 1960, des groupes d’artistes se forment avec cette volonté de faire du mouvement un médium à part entière et de libérer la création en touchant un public jusqu’alors exclu par une tradition jugée trop intellectuelle.
C’est ainsi qu’en 1961 naît à Paris le G.R.A.V., Groupe de Recherche d’Art Visuel et, dans les années 60, le Gruppo N à Padou, le Gruppo T à Milan, le Groupe Zéro à Düsseldorf, le Groupe Nul en Hollande, le Groupe Dvizhenie à Moscou, le Groupe Anonima aux États-Unis… La plupart de ces groupes témoignent d’un intérêt commun pour l’organisation d’expositions et de manifestations hors du circuit officiel des galeries et des musées. Ils veulent incarner des modes de production collectif, allant jusqu’à remettre en cause la figure sacralisée de l’artiste.
L’ÉVOLUTION DE L’ART CINÉTIQUE
À la fin des années 1970, le marché de l’art s’internationalise et devient objet de spéculation, réduisant considérablement les possibilités d’action des groupes d’artistes, qui se décomposent alors. La fusion de tous les arts laisse libre cours à toutes formes d’hybridations. Les expériences de l’Art cinétique débouchent sur des pratiques extrêmement variées, allant de l’usage de la vidéo, à la construction de machines interactives, en passant par l’emploi des néons ou des lasers dans l’élaboration d’espaces immersifs. Finalement, dans les années 2000, l’intérêt renouvelé du public pour ce courant poussera le marché de l’art à de nouveau s’y intéresser et la côte des grands maîtres ne cessera d’augmenter dès lors que leurs œuvres sont intégrées dans de grandes expositions internationales : en 2004 au Museum of Fine Arts de Houston ; 2005 à Strasbourg ; 2006 à Zurich ; 2007 à Madrid …
CHRONOLOGIE SELECTIVE
1909
- Publication du Manifeste du Futurisme de Filippo Tommaso Marinetti dans Le Figaro (suivi en 1910 du Manifeste des peintres futuristes dans La Comedia qui met l’accent sur les découvertes du Divisionnisme).
1911
- Les Cubistes désarticulent les notions d’espace-temps en inventant de nouveaux modes de représentation.
1913
- Marcel Duchamp réalise Roue de bicyclette, première œuvre mobile.
1920
- Naum Gabo réalise une petite sculpture cinétique avec un fil d’acier mis en mouvement par un moteur.
- Marcel Duchamp réalise Rotary Glass Plates, première sculpture cinétique à moteur.
- Man Ray crée ses premiers mobiles, non motorisés, Abat-Jour et Obstruction.
1922
- Publication du Manifeste sur le système dynamico-constructif des forces par Laszlo Moholy-Nagy et Alfred Kemeny.
1932
- Alexander Calder réalise ses premiers Mobiles, ainsi baptisés par Marcel Duchamp.
1944
- En juillet, ouverture à Paris de la galerie Denise René, avec la première exposition de Victor Vasarely.
1948
- Premières recherches sur la « spatio-dynamique » de Nicolas Schöffer, collaboration avec Pierre Henry, Henri Pousseur et Pierre Schaeffer.
1949
- Carmelo Arden Quin fonde le mouvement MADI pour le rassemblement des artistes d’avant-garde dans les pays de l’Amérique latine et commence la série des Reliefs amovibles, annonçant les Méta-mécaniques de Jean Tinguely ou les Plans mobiles de Pol Bury.
1951
- L’architecte, artiste et critique André Bloc, fonde le Groupe Espace à Paris et projette la réalisation de ses premières œuvres cinétiques.
1953
- Première exposition de tableaux transformables de Yaacov Agam à la galerie Craven.
1955
- Exposition Le Mouvement, à la galerie Denise René. Y exposent Agam, Bury, Calder, Duchamp, Jacobsen, Soto, Tinguely et Vasarely, lequel, à l’initiative de l’événement, publie le Manifeste jaune dans le catalogue (le titre étant dû à la couleur du papier). Les idées formulées dans le manifeste sont en grande partie reprises des articles publiés par l’artiste dans la revue Cimaises, l’année précédente.
1956
- Pour le Festival d’art d’avant-garde de Marseille organisé par Jacques Polieri dans la Cité Radieuse de Le Corbusier, Michel Ragon expose des œuvres de Nicolas Schöffer, Jésus Raphaël Soto, Yaacov Agam, Jean Tinguely, Yves Klein et Victor Vasarely.
1960
- « Editions MAT, œuvres d’art de Paris qui se meuvent ou sont mues » au Kunstgewerbemuseum de Zürich, il s’agit de la première exposition organisée dans un musée pour laquelle le terme « cinétique » est employé.
1961
- Formation du G.R.A.V., Groupe de Recherche d’Art Visuel, réunissant François Morellet, Julio le Parc, Yvaral, Francisco Sobrino, Joël Stein et Horacio Garcia Rossi
- Exposition Nouvelle Tendance à la galerie d’art contemporain de Zagreb organisée par Ivan Mestrovic et Almir Mavignier.
1962
- Succès de l’Optical Art à Londres avec notamment l’exposition de Bridget Riley à la galerie One.
1963
- Exposition Nicolas Schöffer au Musée des arts décoratifs de Paris.
1965
- Au MoMA de New York, l’exposition The Responsive Eye, considérée comme l’exposition fondatrice de l’Op’art, est organisée par William C. Seitz avec la collaboration de Denise René ; elle mêle des œuvres parisiennes et américaines de manière avantageuse (Bridget Riley, Josef Albers, Victor Vasarely, Agam, Richard Anuszkiewicz, Karl Gerstner, Julio Le Parc…).
- Exposition Art et Mouvement au Musée de Tel-Aviv, organisée par son conservateur, Haim Gamzu.
1966
- Julio Le Parc obtient le Grand Prix de Peinture de la Biennale de Venise.
- Exposition Kunst Licht Kunst sur le lumino-cinétisme, au Stedelijk Van Abbemuseum d’Eindhoven, en Hollande ; organisée par son conservateur Jan Leering et l’historien de l’art optique et cinétique Frank Popper.
1967
- Exposition Lumière et Mouvement au Musée d’art moderne de la Ville de Paris : Bernadette Contensou, Henri Cazaumayou, conservateurs du MamVP, invitent Frank Popper à proposer une sélection d’artistes.
1968
- L’Op’art et l’Art cinétique occupent une place importante à la Documenta 4 de Kassel.
1971
- Commande à Agam du Salon de l’Elysée.
1983
- Exposition Electra de Frank Popper au Musée d’art moderne de la Ville de Paris.
2004
- Première grande exposition dévolue à l’émergence et au développement de l’avant garde latino-américaine entre 1920 et 1970 : « Inverted Utopias : Avant-Garde in Latin America » organisée au Museum of Fine Arts de Houston. Avec plus de 250 œuvres et 70 artistes représentés, cette exposition démontre, entre autre, une certaine autonomie de la scène latino-américaine par rapport à la scène européenne et américaine dans les années d’après guerre.
2005
- Exposition rétrospective L'œil moteur, art optique et cinétique de 1960 à 1975, Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg.
- Mort de Jesus Soto.
2006
- Exposition rétrospective The Expanded Eye au Kunsthaus de Zürich.
2007
- Exposition organisée au Museo de Arte Contemporaneo Reina Sofia de Madrid «Lo(s) Cinetico(s)» avec les artistes tels Carlos Cruz-Diez, Matilde Perez, Nicolas Schöffer, Jesus Soto ou Luis Tomasello, vient confirmer la reconnaissance acquise à ce courant par le public.